mercredi 1 octobre 2014

Revue de presse 4 : Starfix 2 Hors Série Spécial Aventure et Action

 
 
 
Comme vous le savez, la revue de presse d'Explorers a pour objectif de vous faire voyager à une époque précise celle où les revues de cinéma avaient encore ce rôle de passeur de cinéphile, et s'il y a bien une revue qui largement joué ce rôle fédérateur, c'est sans aucun doute, Starfix. Pour cette revue de presse, j'ai volontairement choisi de causer d'un Hors Série Mythique, à savoir le superbe numéro spécial Aventure, Action N°1 avec en couv Schwarzenegger et son marcel blanc du film de John Irvin, Le contrat, et qui à lui seul annonce la couleur d'un numéro explosif. A partir du 28 francs, le cinéphile pouvait se payer une bonne tronche de Jackie Chan, Carl Weathers, Dolph Lundgren et bien sûr Sylvester Stallone. De Blue Jean Cop à Amsterdammed en passant par Mad Max 3 et Rocky ou encore le mythique Police Fédéral Los Angeles, l'équipe de Starfix fait un état des lieux badass et bandant du cinéma populaire de l'époque......
 
 

Bon comme d'habitude avant d'embarquer dans cette faille spatio temporel, lancer la vidéo musicale ci dessous, ça donne bien l'ambiance de l'époque..

Double Détente (un score de James Horner)

 
Maniac Cop

 
ou Delta Force (Alan Silvestri)
 
 
Pour ce numéro spécial Aventure et Action, Starfix propose une enquête à travers un dossier intitulé Hollywood Biceps amoureusement préparé la woman de Starfix à savoir Hélène Merrick qui nous projette une rétrospective illustré et généalogique (très synthétique) 'L'épopée du muscle' à partir de 1969 avec La valse des Truands jusqu'à Chuck Norris et son magnifique dytique Invasion USA / Delta Force. Chuck Norris qui bénéficie d'un petit portrait sympathique toujours écrite des mains expertes de Hélène Merrick.

 
 
Ce dossier est complété par une critique euphorique de Christophe Gans de l'excellente série B décomplexé Commando de Mark Lester suivi d'une ITW réalisé à la sortie de Kalidor ou on apprend qu'un certain Geoff Murphy prépare un film de SF au Mexique intitulé Hunter tandis que James Cameron prépare activement Terminator 2.
 
"Tout le film fonctionne en fait en provoquant l'ironie, car Lester, fin stratège, sait que le sens critique du public va être anesthésié sous les assauts répétés de ces truculences".
 
 
On change de trogne avec Dolph Lungren qui venait d'enchaîner après Les maîtres de L'univers, un film guerrier avec un héros russkof, Red Scorpion / Le scorpion rouge, 'torché' par ce malade de Joseph Zito. Un pur film de commande qui tentait d'anticipé la production de Rambo 3 et surtout pompé par anticipation le sublime La bête de Guerre. C'est une nouvelle fois Christophe Gans qui tente de cerner ce projet, suivi d'une itw recueillis par F.A.L et Robert Strauss.
 
 
Gros morceau de ce Hors Série, un magnifique analyse de découpage de la scène la plus forte de Rocky 4, la mort de Apollo Creed. Par Jean-François Tarnowski et Philippe Lubliner qui se penche sur le montage ultra efficace de cette séquence spectaculaire !
 
 
Tiens en causant Carl Weathers, Christophe Gans se penche sans aucun enthousiasme sur cette production Joel Silver, où notre héros black tentait maladroitement de faire une percée dans l'olympe des héros d'action. L'itw de l'acteur n'est pas plus convaincante.
 
"En regardant Action Jackson, on réalise parfaitement ce que Spike Lee cherche à combattre même maladroitement dans son dernier film, le violemment militant School Daze : l'exploitation hollywoodienne à peine modernisée de Mandingo, la 'bête noire'".
 
 
 
On revient avec the big arnold avec la critique d'un film mineur mais sympa et efficace, Le contrat, de John Irwin, ou Christophe Gans (encore lui !!) tente de comprendre les enjeux de la nouvelle donne du film d'action et d'un éventuel mano à mano entre l'autrichien et l'étalon italien.
 
'Stallone casse du vilain dans Cobra alors que Schwarzy bouffera toujours du second couteau. La sollicitude des cinéphiles lui est ainsi acquise !"
 
 
On reste avec Arnold avec la présentation de son nouveau film, le bourrin et sympa Red Heat / Double détente, du vénérable Walter Hill qui profite de l'itw pour expliquer sa conception du film d'action et de quel manière il a su jouer avec l'image monolithique de l'immense autrichien.
 
 
Dossier Polar par Paires
 
Tiens en parlant du genre Buddy Movie, le film policier par paire, voilà un super dossier sur la vague du film policier commercial, l'occasion pour FAL de déclamer son amour du cinéma de Hyams à travers l'excellent comédie d'action Deux flics à Chicago où Billy Cristal et Gregory Hynes font les quatre cents coups....
 
 
 
Dans ce dossier, Gans revient sur le genre du Buddy Movie revenant sur 48 heures, la série Deux flics à Miami sans oublier Police fédéral Los Angeles et L'arme fatale.
 
 
 
Pour terminer ce dossier pétaradant et explosif, Nicolas Boukrief hurle son amour démesuré du sublime Police Fédéral Los Angeles, un classique instantané du polar Hard Boiled tout comme une œuvre absolument majeure du cinéma hypnotique.
 
"Par son rythme impensable, l'importance extraordinaire de la musique et du son, le partis pris constant de raconter par la seule image et de surprendre constamment le sens, Police Fédérale Los Angeles s'impose bien, avec l'incontournable Blade Runner, comme le meilleur représentant du langage visuel à venir. "
 
 
Comme pour Rocky 4, Jean-François Tarnowski et Pierre Olivier Larrieu nous propose une analyse du découpage technique sur la fameuse scène de poursuite en bagnole du chef d'œuvre de William Friedkin...attachez vos ceintures les jeunots ! 
 
 
 
Pour terminer ce spécial Action Friedkin, Nicolas Boukrief revient sur le choc télévisuel Nightcrawlers diffusé sur le 5, épisode dantesque de la série La 5 Dimension.
 
 
"Nightcrawlers impose une découverte de taille : le temps d'un court métrage, il est encore possible d'ouvrir notre poste de télé sur un lieu essentiel, celui des rituels de magie et de mort ont encore le droit de cité"
 
 
On poursuit notre chemin avec deux articles concoctés par Christophe Gans concernant rois série B brutes de décoffrages, Maniac Cop de William Lustig, Blue Jean Cop de James Glickenhaus et le moins connue Amsterdammed de Dick Maas : deux films d'actions qui vont droit à l'essentiel... et bien sûr un festival de cascades dingues !
 
 
 
 
Dossier Mad Max 3
 
Big dossier de leur correspondant étranger, Phil Edwards qui traite de long en large, costume, tournage, décor, scénario d'un film mal aimé mais essentiel dans l'évolution du cinéma de Georges Miller.
 
 
On termine notre numéro avec Mr Dynamite où Christophe Gans nous vendait du Jackie Chan survolté, casse cou acrobate de génie avec en prime une itw exclusive de René Château....
 
 
Et pour finir, l'équipe de Starfix avait concocté une sélection vidéographique de 100 titres disponibles en VHS, .....Le paradis des cinéphiles et un guide précieux.
 
Bonus en images ! Une petite sélection de jaquette VHS comme à la grande époque des vidéoclubs !
 

























 
 
 
 
 

dimanche 7 septembre 2014

Pop Culture Part 2

Electro Pop
 
 
Lors de notre précédente session, Explorers désiraient faire le tour d'objets curieux, l'expression d'un cinéphilie qui se nourrissaient à son tour des artistes d'horizons et d'expressions diverses au point de créer un dialogue unique entre le fanboys de base et l'histoire de cinéma. Dans son dernier numéro consacré à John Carpenter (dont l'intelligentsia branchouilles des revus prestigieuses ne mesurent pas sa place et son importance dans l'histoire du cinéma), Rockyrama soulignait l'influence majeure des scores musicaux dans le revival electro pop initié et apparue depuis 2006 avec des groupes aussi divers que passionnants tel que Umberto, The chromatics, Anoraak, DJ Ten, Dynatron, Flash Arnold, College, Desire, Kavinski, Legowelt, Le matos, Let hem riot, Lost Years, Starforce, ROB, et bien sur The Carpenter Brut et le duo Zombie et Zombie dont leur album 'John Carpenter' est tout un programme. Ce qui est intéressant dans ce mouvement, c'est la culture ciné est devenue indissociable dans la création et l'expression artistique. Le musique des films des années 80 et leurs sonorités particulières ont eux aussi inspiré et influencé cette nouvelle génération tous biberonnés en grande partie des bo de films de l'époque. En plus de clin d'œil à John Carpenter, Explorers ont profite pour vous proposer différents morceaux  entre un hommage à Scharzenegger et la série b, le fantastique gothique et gialesque italien, en passant par  la case référence au cinéma de Mann et bien d'autres encore ! (Lifeforce ou à Une créature de rêve !)? D'ailleurs il suffit de voir le 'label' Newretro pour saisir à quoi carbure les compositeurs.

 
 Voici donc comme à l'accoutumée (pour le meilleur ou pour le plus strange), un échantillon visuel et sonore assez représentatif de ce qu'on peut trouver sur la toile, à vous de faire votre tambouille. Alors tout n'est pas forcément d'un haut niveau (Zombie Zombie est largement au dessus du lot), certes, mais l'engagement dans ses artistes et leurs sincérités sont vraiment contagieuses.....

Pour commencer, John Carpenter à l'honneur :

LEGOWELT

 
TROLL 2
 
 
Manu Le Tough
 
 
Zombie Zombie
 
 
 
 
 
 
 
The CARPENTER BRUT
 
 
 
 
FLASH ARNOLD
 
 
DJ TEN
 
 
DYNATRON
 
 
RAIN SWORD
 
 
THE CHROMATICS
 
 
 
 
UMBERTO
 
 
 
 
Quelques affiches Design
 
Erin Gallagher
 
 
GodMachine
 
 
Casey Callender



 
 
 

 
 
 
 
 

vendredi 5 septembre 2014

MANSION OF THE DOOMED (Prix d'interprétation masculine pour Richard Basehart Festival de Paris 1977)

 
Mansion Of the Doomed
 
Film d'horreur et de science fiction américain réalisé par Michael Pataki, avec Richard Basehart, Gloria Grahame, Trish Stewart et Lance Henriksen. Une production Charles Band.
 
Avant de débuter la lecture de cette article bien lugubre et macabre, je vous invite à visionner ci-dessous un extrait' du film, histoire de vous immerger dans l'ambiance bien tendue de ce film méconnu.
 
 
Présenté au Festival de Paris en 1977, Mansion of the doomed fait sensation à cet édition et participe à cette impression générale qu'une nouvelle génération de réalisateurs américains émergent dans les années 70, à travers une expression assez radicale et extrême. Torture et mutilation sont ici au programme. Malgré une récompense saluée par la presse spécialisée de l'époque, l'ironie de l'histoire veut que son jeune réalisateur Michael Pataki (connut essentiellement pour avoir fait l'acteur dans des films de série, Garden of the dead, Baby vampire, The bat people) rejoint la cohorte des talents 'sans lendemain' participant indirectement au fait que le film tombe peu à peu dans l'oublie. Encore un.....
 


 
 Le récit repose essentiellement sur une histoire limpide, assez prévisible dans son déroulement, celle d'un savant obsessionnel (brillamment interprété par Richard Basehart), pris de remord pour avoir causé un drame (un accident de voiture qui coûte la vue à sa fille). Après avoir pratiqué l'expérience sur des animaux, le Dr Chaney (une référence logique) veut passer à la vitesse supérieur car la souffrance de sa fille lui est insupportable....Il faut donc greffer des yeux neufs à sa fille et peu importe les conséquences dramatiques qui vont en découdre car bien évidement le principale problème de notre 'savants givrés', c'est bien sûr, trouver des organes sains indispensables pour la réussite de la greffe. Pas besoin d'être devin pour comprendre dans quelle spirale infernale le récit va s'engouffrer.



La grande force du film, c'est justement ce caractère 'prévisible' et inéluctable de son programme, de son récit, une véritable engrenage où bien entendu les prévisions les plus optimistes du docteur sont vite balayés par s'engouffrer davantage dans une horreur autant visuelle que morale. Le caractère anxiogène du film vient là, le spectateur dévine ce qui va se produire et c'est malheureusement ce qui se produit. Pas d'échappatoire possible pour les personnages et pour les spectateurs, c'est comme ça et pas autrement.



Le premier personnage a subir les outrages du Dr Chaney et de son assistante diabolique (Gloria Grahame), n'est autre que le propre fiancé de la jeune fille incarné par un acteur aujourd'hui célèbre du cinéma fantastique, Lance Henriksen (Millenium, Near Dark, Aliens 2).  Après avoir été drogué, il va subir les outrages de la folie du Dr Chaney dans une opération d'énucléation particulièrement éprouvantes. L'occasion d'apprécier à sa juste 'horreur', les abominables maquillages concoctés par Stan Winston qui fesait ses armes dans le cinéma d'horreur. Et comme vous vous en doutez bien, après l'espoir éphémère de la réussite de l'opération, le Dr Chaney poursuit ses recherches avec pour seul objectif, celle de l'exceptionnel quête de la réussite, celle qui autorise tout, la fin justifiant les moyens, à savoir toujours plus de victimes innocentes, plus de souffrances et peu d'espoir de rédemption.


 
La référence explicite de Mansion of the Doomed est bien évidement le chef d'œuvre de  Georges Franju, Les yeux sans visage, film mythique au demeurant. Cette thématique sera bien sur largement employé dans d'autres films ultérieurs, à savoir les z Les Prédateurs de la nuit et autres Blood Salvages. Plus récemment, on retrouve des situations analogues avec les récents et très 'hype' Human Centipède, le prétexte dramatique en moins. Et pourtant si Mansion of the Doomed offre des correspondances thématiques et narratives saisissantes avec le classique français, s'il ne fait aucun doute que le Dr Chaney est un lointain cousin du sinistre Dr Genessier (Pierre Brasseur), si le pathétisme et le sort tragique de la triste Edith Scob vaut bien celle de la belle Trish Stewart, le réalisateur Michael Pataki prend rapidement soin d'orienter le récit vers une autre direction, celle de la révolte des freaks, des 'victimes cobayes' toujours vivantes et parqués dans des cages comme des animaux dans le sous sol d'une cave immonde. En plaçant le récit vers une révolte des opprimés, Michael Pataki s'extrait du parrainage trop explicite de Franju pour évoquer d'autres filiations plus classiques, mais tout aussi passionnantes celle des hybrides du Dr Moreau.
 



 
Si Mansion of the Doomed se relève très souvent redoutablement efficace dans la mise en place d'une atmosphère de la déchéance humaine, c'est tout simplement parce que le réalisateur n'hésite pas à l'instar de Gary Sherman dans Le métro de la mort à nous montrer détails à l'appuie, la situation moralement éprouvantes que traversent nos infortunés victimes...Comme pour Moreau, le réalisateur joue habilement du contraste entre la luxueuse villa où règnent le Dr Chaney et le geôle infecte où croupissent les malheureuse victimes. Les gros plans sur les orbites vides ainsi que leurs grognements et leurs gémissements créent un effet ravageur sur le spectateur partagé entre mélange d'effroi et de pitié. Et comme les créatures de Freaks de Tod Browning où les hybrides de L'île du docteur Moreau, lorsque le signe de la révolte gronde, il se déploye avec une terrible force libératrice. Mais cette force libératrice a aussi un étrange gout de tristesse et d'amertume puisque qu'elle passe par le sacrifice de la jeune femme qui n'hésite pas à affronter sa destiné en pénétrant dans l'antre de l'horreur. Le reste est un déchainement de violence à la mesure du calvaires subis par les victimes. Vous l'aurez compris, Mansion of the Doomed mérite plus qu'un détour amicale, mais une vraie redécouvert car c'est une épatante petite série b !
 

 
Bonus :
 
Tout d'abord un lien de l'excellente critique du site Psychovision sur le film
 
 
Bonus video :
 
 
 
 
et voilà le film en vo car il est encore inédit dans nos contrées